Le mercredi 15 novembre à 8h, une équipe de 5 ou 6 policiers ont arrêté le seul habitant présent à ce moment-là dans la maison Bardonne, située dans le quartier de la Jonction à Genève. Ensuite, le proprio, accompagné d’un huissier, lui a fait constaté que la maison n’était donc pas habitée (bien qu’occupée depuis 8 ans !). L’entreprise de déménagement mandatée par ce même véreux a alors évacué tout ce qui avait l’intérieur de la maison : matériel, affaires personnelles, nourriture… et tout cela dans la matinée. Trois vigiles d’une société publique (ah non pardon, ce mot c’est pas dans leur vocabulaire) sont alors postés en permanence devant l’entrée.
Les seuls mots sensés que le spéculateur écervelé a pu prononcé pour se défendre envers la trentaine de personnes venues en soutien furent :
- « Il y a 10 jours, j’ai écrit au procureur général et au juge d’instruction pour leur dire, qu’au prochain contrôle de police, si la maison était vide, nous récupérerions la maison »"
- « eh, pourtant, il y a une personne qui y habite, et que t’as trouvé devant ton nez, c’est synonyme de maison vide ! »,
Le jeudi 16 novembre, à 12h, comme depuis 3 semaine une cantine populaire était organisée (devant la maison cette fois, et plus dedans !). Elle a été agrémentée d’une banderole sur le portail d’entrée "Expulsion qui détruit notre quartier" ; et d’une réoccupation symbolique du jardin pour terminer notre repas au vert, après avoir évacué les 3 "sécuritas", retirer une partie du grillage et les 2 pancartes "Securite HD-zone privée". La milice privée appellant à la rescousse la milice d’état, nous mettons les voiles a 13h30 lors de l’arrivée de 2 brigadiers de la police des squats ! Est ainsi évité tout contrôle d’identité ou arrestation.
Cette évacuation de maison, qui devait être inaugurée en "centre social autonome" mercredi prochain, est triste, bien sûr, comme toutes les autres…Mais ce qui est important à relever est que c’est la 2° évacuation illégale depuis 1 mois à Genève (en Suisse, le procureur de la république doit toujours signé un avis d’évacuation qui doit être adressé aux habitant-es au minimum 2 semaines avant la date).
La première évacuation sauvage a eu lieu début octobre au squat "La mission" (quartier des Nations), ou le propiétaire (l’Etat) et quelques flics avaient attendus que plus aucun-e habitant-e soit présent-e dans la maison pour faire péter les serrures (au pied de biche ?), les changer et évacuer tout le matériel des squatteureuses de la maison ; ce n’est pas sans étonnement que le soir venu, ils-elles se sont aperçues que l’Etat avait resquatté la maison pour la louer à "un couple" en lieu et place des 6 habitant-es, mais ils eurent le temps d’en discuter lors de leur séjour au poste de police !
Ce sont des pratiques que ne s’étaient plus connus à Genève depuis 15 ans, moment ou l’Etat avait alors décidé de nommer 4 gardiens de la paix sociale (brigadiers de squats-médiateurs entre propriétaires et habitant-es) ; le procureur Sir Zapelli et ses sbires ont sonné, hier, le glas de la guerre de la propriété. La résistance qui s’organise ne fait que débuter pour brûler la paisible bourgeoisie sociale genevoise.

- devant un autre squat genevois

