C’est pendant la révolte des quartiers populaires et en pleine controverse sur le rôle de la France dans ses colonies qu’a été écrit cet essai par Sadri Khiari.
Il propose une réflexion sans tabous sur le legs colonial, l’insertion des populations issues de l’immigration, la place de l’Islam dans la République… Et ce dans l’esprit des thèses développées par l’Appel des indigènes de la République : des questions qui sont au coeur de l’élaboration d’une nouvelle identité de gauche en France.
S’inspirant d’Albert Memmi, de Frantz Fanon ou encore de Malcolm X, l’auteur revient de manière critique sur l’histoire des luttes de l’immigration et des mouvements antiracistes.
Il ébauche alors les contours de ce que représenterait une « politique de la racaille », autonome et spécifique mais insérée dans une dynamique plus large d’émancipation. Elle-même fondée sur la contestation des logiques postcoloniales toujours à l’oeuvre, selon lui, dans le champ social et politique.
Sadri Khiari est docteur en science politique. Membre de
l’opposition démocratique tunisienne, il fut arrêté le 27 octobre 2002. La police tunisienne a fait irruption par la force au domicile de Sadri Khiari, en gréve de la faim depuis le 25 octobre pour protester contre l’interdiction arbitraire de voyager dont il était victime depuis juillet 2000 et six policiers l’ont emmené manu militari.
Il est installé en France depuis trois ans. II fait partie des initiateurs de « l’Appel des indigènes de la République », publié en janvier 2005. Il est l’auteur de Tunisie, le délitement de la cité - Coercition, consentement, résistances (Karthala, 2003).

