La CNT lutte pour l’égalité entre tous les individus, et la liberté de chacunEs. C’est pourquoi nous nous opposons à toutes formes de domination.
Or parallèlement à la domination de la classe des profiteurEs sur les travailleurEs, il existe une domination des hommes sur les femmes. Dans la société en général, dès leur enfance, les petites filles, les adolescentes, les élèves, les étudiantes, puis les femmes dans leur quotidien, en famille et dans le monde professionnel, subissent une ségrégation. C’est là l’héritage du patriarcat qui gouverne encore les mentalités, le résultat d’un type d’éducation répété de génération en génération : filles et garçons ne reçoivent pas tout à fait les mêmes consignes, ils-elles ne sont pas promisEs au même avenir, malgré des aptitudes identiques. Persiste encore par exemple, le distingo entre métiers d’homme et emplois féminins.
On observe des mouvements, des tendances au changement sous la pression, qui fut très forte, des mouvements féministes. On remarque aussi une certaine prise de conscience de la société : des hommes vivent mal eux aussi, les pressions du capitalisme. Mais des réticences persistent dans tous les domaines vis-à-vis d’une réelle égalité, et des tentatives de réduire les droits acquis par les femmes au fil de leurs luttes sont toujours observées.
Dans le monde du travail, les inégalités sont encore flagrantes. Elles ne sont pas vraiment prises en compte au même titre que d’autres. L’inégalité de salaire, complètement injustifiable, perdure à l’heure actuelle sans que ni les organismes de défense des droits des travailleurs et des travailleuses, ni l’opinion publique et encore moins les gouvernements ne s’en émeuvent.
La CNT lutte contre cette inégalité au quotidien grâce aux syndicats. Le plus important travail à faire est d’aboutir à un changement de société, certes, mais pas sans l’évolution des mentalités, de l’éducation, des valeurs morales. Les révolutions sont nécessaires mais non suf fisantes pour opérer ce changement-là. Se prendre en charge, se responsabiliser, se forger un esprit critique, sont des vertus qui ne nous sont pas enseignées car elles dérangent l’ordre établi. Donc si elles cherchent à se prendre en charge les femmes dérangent.
Mais si la CNT véhicule un idéal d’égalité sociale à travers ses syndicats, elle doit donc aussi porter une attention toute particulière à son fonctionnement interne, au mode de relation entre les individuEs qui la composent. Les hommes bien sûr, doivent modifier leur comportement de domination. Les femmes ont de leur côté un travail à faire pour s’affirmer et dire leur détermination. C’est un travail qui ne peut s’opérer que dans la réciprocité.
Harcelées, exploitées, sous payées, ça suffit !
* Source : brochure « un travailleur sur deux est une femme. Les luttes des femmes », Commission Femme, Editions CNT-Région Parisienne, 2000.

