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La lutte syndicale sous camisole

Publié samedi 10 mars 2007
 

Roland Veuillet a été sanctionné injustement en 2003 pour faits de grève. Cette sanction était prévue de longue date et elle avait pour objectif de punir un militant syndical revendicatif qui refusait l’avancée constante du capitalisme dans le monde éducatif. Il s’opposait à ce que le le Medef devienne un partenaire de l’école. Le patronat est maintenant présent à l’intérieur des lycées, et ce n’est pas pour parler de droit du travail.

Roland a fait de nombreux recours dont un devant le Conseil Supérieur de la Fonction Publique qui a reconnu que les faits n’étaient pas établis et qui a demandé l’annulation de la sanction. Cet avis, malgré qu’il soit signé par le Premier Ministre, n’a pas été suivi par le minsitre de l’EN. Se trouvant dans l’impasse, il a entamé une grève de la faim le 24 décembre 2006. En choisissant comme mode d’action la grève de la faim, il était conscient de sa principale limite, celle d’une action inidividuelle. Il aurait préfèré comme tout militant les actions collectives.

Lors de cette grève de la faim, les provocations du ministère se sont multipliées. Roland a reçu plusieurs lettres le menaçant de le déclarer en abandon de poste, alors qu’il était en grève couvert par un préavis (Robien semble avoir oublié que le droit de grève est encore un droit constitutionnel).

Quand on veut abattre son chien, on dit qu’il a la rage

L’administration a poursuivi son acharnement à l’encontre de Roland afin de briser son combat. Il a ainsi été interné en hôpital psychiatrique par les autorités. Ces pratiques dignes des pires régimes montrent bien la détermination dont l’Etat peut faire preuve pour baillonner un militant gênant. On peut ainsi lire dans l’avis du premier psychiatre que Roland “refuse tout traitement psychotrope pouvant permettre une atténuation de ses revendications”. Fort heureusement, les personnels de l’hôpital psychiatrique ont fait leur travail sans plier devant les pressions dont ils ont certainement été victimes, le fait de revendiquer ne sera pas apparenté à la folie ou à des troubles mentaux. Il est toutefois édifiant qu’on ait cherché à psychiatriser un conflit social, qu’on ait voulu faire passer pour fou un homme qui lutte contre une injustice.

Ils ont échoué ; ont poursuivi leur course de lenteur, jusqu’à ce que Roland, épuisé, cesse sa grève de la faim au 57e jour. Robien a ainsi montré le mépris qu’il pouvait avoir de la vie et de la santé d’un homme, et a continué ses provocations en proposant comme sortie de crise des “solutions” qui ont déjà été proposées à Roland il y a au moins 2 ans… et qu’il avait refusées.

La lutte de Roland est exemplaire, car loin d’un combat individuel, c’est un combat pour les droits collectifs, pour la défense du syndicalisme de lutte dont nous nous réclamons. Si nous ne luttons pas pour sa réhabilitation, nous préparons les répressions qui nous frapperont plus tard.

En conclusion, non contentes de mener des actions illégitimes contre les acteurs du service public de l’éducation nationale, les autorités hiérarchiques sont également dans l’illégalité. Et aucune de ces situations ne les gêne.


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