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Les résistants ne sont pas des criminels

Publié mercredi 10 octobre 2007
 
Militants syndicaux, élus ou simple citoyens, les poursuites se multiplient contre les personnes qui soutiennent les familles sans-papiers. Face aux tentatives d’intimidation du pouvoir en place, refusons la criminalisation de la solidarité.

Le 11 novembre 2006, près de 200 personnes manifestent contre l’expulsion d’un père de famille de deux enfants scolarisés à Marseille et parviennent à la mettre en échec. Plus d’un mois après les faits, le 19 décembre, Florimond Guimard, professeur des écoles et militant syndical très investi dans RESF est placé en garde à vue et appelé à comparaître devant le Tribunal Correctionnel d’Aix-en-Provence pour « violence en réunion avec arme par destination ». Son arme ? D’après la police, ce serait sa voiture qu’il a emprunté pour suivre à distance le véhicule de police qui conduisait le père à l’aéroport de Marignane. Précisons que ce jour-là, hormis un jour d’ITT accordé à un policier dont le pouce avait heurté une barrière, aucun blessé n’avait été déploré. Très vite, la pétition de soutien à Florimond recueille plus de 15 000 signataires face à ce qui apparait clairement comme un procès politique orchestré d’en haut visant à la pénalisation du soutien aux personnes sans-papiers. Avec Florimond, le gouvernement veut faire un exemple. Appelé à comparaître le 20 avril 2007, il est passible de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ! Le jour du procès, juste avant le premier tour de la présidentielle, une manifestation réunit 2000 personnes à Aix et l’audience est reportée au 22 octobre.

Peu de temps après, le 7 mai, c’est au tour de François Auguste, vice-président de la Région Rhône-Alpes, d’être traduit devant le tribunal correctionnel pour « obstruction à la reconduite à la frontière » d’une famille en situation irrégulière et « entrave à la circulation d’un aéronef ». Tout ceci pour avoir, le 2 décembre 2006, pris pacifiquement la parole devant les passagers d’un avion afin de les informer de l’embarquement à bord d’une famille en voie d’expulsion qu’il pensait être la famille Raba. Il a alors été molesté par la police lors de son évacuation de l’avion (une côte cassée et plusieurs jours d’incapacité de travail) et retenu 5 heures en garde à vue. Il risque l’inéligibilité et jusqu’à 5 ans de prison et 18 000 euros d’amende et plus encore si Air France demande des dommages et intérêts. Le procès est finalement reporté le 26 novembre.

Tous en grève le 22 octobre pour soutenir Florimond !

Contre la criminalisation des actions militantes et les rafles !

Samedi 20 octobre, Place des Terreaux 14h30
Manifestation unitaire « journée de solidarité avec les étrangers »
Dans le cadre de la mobilisation nationale UCIJ (Unis Contre Une Immigration Jetable)

Lundi 22 octobre, Aix-en-Provence - Rotonde 12h
Manifestation de soutien à Florimond Guimard et veille citoyenne devant le Tribunal jusqu’à l’issue du procès


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