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La sécurité sociale : une guerre de tranchée patronat vs travailleurs

Publié mercredi 10 octobre 2007
 

Par un programme adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944, la Sécurité sociale est mise en place. Elle a pour ambition de couvrir tous les risques en assurant un salaire aux travailleurs grâce à un système basé sur la solidarité. Les cotisations patronales et salariales, qui sont en fait toutes deux une part du salaire, une part socialisée, servent à assurer un salaire en cas de maternité, de vieillesse, de maladie ou d’accident du travail. Presque 10 ans après 1936, un rapport de force s’installe en faveur des travailleurs. Le patronat, qui s’était compromis pendant l’Occupation nazie, l’accueillera avec résignation. La généralisation de la couverture à toute la population se poursuit. La loi du 9 avril 1947 étend la sécurité sociale aux fonctionnaires. La loi du 17 janvier 1948 instaure trois régimes d’assurance vieillesse des professions non salariées non agricoles (artisans, professions industrielles et commerciales, professions libérales) et la loi du 4 juillet 1975 généralise à l’ensemble de la population active l’assurance vieillesse obligatoire. Enfin dernièrement, la Loi du 28 juillet 1999 institue une couverture maladie universelle, protection de base sur le seul critère de résidence et protection complémentaire pour les plus démunis.

Pourtant, au fil du temps, le patronat a réalisé un vrai travail de sape. En ligne de mire, les cotisations (trop élevées), les dépenses (relevant de l’assistance et non de la sécurité sociale), et les assurés (irresponsables). En 1953, brandissant déjà l’argument du trou, le gouvernement tente de repousser l’âge de la retraite des fonctionnaires et de remettre en cause certains régimes. La riposte des travailleurs ne se fait pas attendre, en plein mois d’août, 4 millions de gréviste provoquent le plus gros mouvement depuis le Front populaire et le gouvernement recule. En 1995, c’est le plan Juppé qui voit se dresser contre lui 2 millions de personnes qui soutenues par l’ensemble de la population vont faire plier le gouvernement d’alors. Mais, de lois en décrets, sous des prétextes variables (responsabilisation, trou de la sécu…) les assurés sociaux doivent payer toujours plus pour se soigner. Aujourd’hui, avec les franchises, c’est la fin de la solidarité et la remise en cause des principes fondateurs de la Sécu. Parce que, riche ou pauvre, jeune ou vieux…, nous devons tous être égaux dans l’accès aux soins. Le principe est simple : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. A l’opposé de ce système, il y a celui des assurances. Selon le niveau, et donc le prix, du contrat la couverture varie. Ainsi, se développe une médecine à plusieurs vitesses. Soyons dignes de nos anciens et à la hauteur des enjeux !


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