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Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante

Publié lundi 13 août 2007
 
Dans l’édition du 13 août 1732 du Dictionnaire de Trévoux : les Nègres vendent leurs voisins..., leurs propres femmes et leurs enfants.

On a du mal à réaliser que les jésuites, gens éclairés par l’esprit des Lumières, gens d’une énorme culture, aient pu définir d’une façon aussi horrible les Africains, les Noirs dans le Dictionnaire de Trévoux, dictionnaire encyclopédique faisant référence pendant des décennies...


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« Nègre :
Nom propre de peuple, habitant, originaire de la Nigritie, Aethiops, Niger, Nigra, Nigrita. Le nom de Nègre n’est pas aujourd’hui synonyme d’Éthiopien, comme il le pourrait être en parlant de l’Antiquité. L’Éthiopie ne s’étend pas autant que la Nigritie. Nous n’appelons Éthiopiens que les peuples qui sont au midi de l’Égypte et au levant des Nègres. Les Nègres vendent aux Espagnols, aux Portugais et aux Hollandais, non seulement ceux de leurs voisins qu’ils peuvent attraper, mais quelquefois leurs propres femmes et leurs enfants. Ils sont noirs, mais davantage vers le midi du Niger que vers le nord ; ils passent pour robustes, mais ignorants, lâches, et paressseux, et moins farouches que les peuples de la Barbarie, du Bidulgérid et du Zaara. La plupart suivent le mahométisme, les autres sont païens ; il y en a même qui n’ont presque aucun sentiment de religion. Au Pérou, il est expressément défendu aux Noirs et aux Négresses d’avoir aucune communication personnelle avec les Indiens et les Indiennes, sous peine aux mâles d’être mutilés des parties naturelles ; et aux Négresses d’être rigoureusement fustigées. »

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Aimé Césaire vers 1950

Le Mot Nègre sur le site Africa speaks.

« Nègre je suis, Nègre je resterai » présentation des entretiens d’Aimé Césaire avec Françoise Vergès sur le site de promotion des cultures et des langues créoles Potomitan.

Aimé Césaire  : site consacré à l’œuvre et à la pensée du poète (textes de Xavier Orville).


Forum

  • Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante
    Le 14 août 2007 vers 13 h, par guelri69
    Il faut faire bien attention lorsqu’on analyse des écrits du passé. En histoire, lorsqu’on fait une analyse documentaire il faut toujours contextualiser le document. Ainsi, nous sommes face à un écrit datant de 1732, écrit par un type d’acteur bien particulier. Je ne suis pas historien donc ne peut argumenter plus loin, cela dit je trouve très insuffisant cette démarche consistant à citer sans contextualiser, à s’indigner par un moralisme qui empêche tout analyse scientifique et objective.
    • Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante
      Le 14 août 2007 vers 17 h
      Il y a suffisamment de liens au sein même de l’article pour retrouver ce texte dans son contexte historique. Il est important d’être attentif à toutes les possibilités d’ouverture et de compléments que peuvent apporter des liens (ce qui est écrit en bleu : on peut cliquer dessus) dans un article. Je vois qu’il y a beaucoup d’efforts de fait dans ce sens-là sur Rebellyon. Et puis ne confondons pas un article, qui peut être bref, avec une thèse universitaire.
  • Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante
    Le 19 août 2007 vers 16 h
    les jesuites ne sont pas éclairés par l’esprit des lumieres
    • Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante
      Le 19 août 2007 vers 20 h
      Vu l’époque, ils auraient pu l’être...
  • Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante
    Le 22 août 2007 vers 13 h

    Et je peux te sortir un texte d’Aristotte où il juge que l’esclavage est normal........ Et qu’il y avait des zoo de noirs à Paris, Berlin et Londre......... Et que les serfs étaient torturés au moyen-age alors que les nobles étaient décapités pour la même faute....

    Laissée en vrac de cette façon, sans analyse d’une quelconque évolution, je vois pas l’utilité de cet article.

    • Dictionnaire de Trévoux : une définition du mot nègre ahurissante
      Le 22 août 2007 vers 15 h, par ferker

      Ok : et même que l’esclavage fut un progrès (hi hi, moi non plus, j’ai lu ce bon vieux Karl marx !) par rapport au fait qu’avant, on tuait les prisonniers et même qu’on les bouffait pour s’approprier leur "force". Et là, on resitue bien Aristote dans le contexte .

      Mais il en va autrement pour les Jésuites. Car, comme le montre justement cet article, alors qu’ils avaient eu accès aux Lumières, et faudrait être naïf pour penser que cet ordre - ô combien - intellectuel, n’aient pas lu leurs auteurs de leur temps, les "jés" ont propagé cette définition du nègre pendant des décennies, comme si de rien n’était.

      Et bien sûr que pour les les zoos du XXème siècle, c’est du même ordre. Et bien sûr qu’à la lumière de la shoah, le scandale de la poursuite des génocides ( ex Yougoslavie, Rwanda, massacre des yézidis en Irak la semaine dernière, !) interroge lourdement.

      Oui, d’une part, scandale de celles et ceux qui ne veulent pas savoir, hier comme aujourd’hui. Mais l’article montre de fait que les cathos (et d’ailleurs par extension les religions de tout poil, déistes ou pas) ont historiquement non seulement un poil de retard sur la situation, mais de plus sont de plus toujours et partout profondément réactionnaires.

      Il ne me semble donc pas, loin s’en faut, que l’article soit malhonnête intellectuellement. Bien au contraire, c’est un élément à prendre en compte pour se débarraser encore un peu plus s’il en est, des fadaises des curetons : ni voile, ni kippa, ni calotte...

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