Celles qui sont dans leurs camionnettes sur le cours Charlemagne sont harcelées sans cesse depuis quelques jours par les policiers municipaux qui leur donnent sournoisement des contraventions pour stationnement abusif, tandis que des agents de la police nationale leurs disent carrément qu’on ne les veut plus ici en les inculpant de racolage.
De plus, le jeudi 14 juin, une opération coup de poing d’envergure a eu lieu sur le cours Charlemagne où une trentaine de camionnettes ont été enlevées avec des effectifs importants de policiers, qui appelaient eux-mêmes des renforts.
Il n’y a plus d’endroit possible pour elles. La Mairie de Lyon les balade de façon hypocrite avec des discours contradictoires. Dès 2002 les arrêtés anti-protitution pleuvent sur la ville. On les chasse du centre-ville en les obligeant d’acheter des camionnettes. Elles se réfugient derrière les voûtes de Perrache. En 2003, on les chasse de la rue Montrochet et du quai Rambaud. Elles vont sur le quai Perrache et un arrêté du 14 octobre 2006 leur interdit de se mettre sur ce quai, en les poussant dans la partie sud du cours Charlemagne. Et maintenant qu’on leur a obligé d’acheter leur camionnette, on leur interdit de stationner ! La Mairie de Lyon veut les faire partir du quartier Confluence, cela fait mauvaise impression dans un quartier où un port de plaisance est prévu, où la Mairie aimerait faire s’installer des bourgeois...
On observe notamment une aggravation considérable des arrestations de
celles qui sont dans les situations suivantes :
Pour les femmes migrantes en demande d’asile, on observe une
recrudescence des contrôles, arrestations plus nombreuses de la PAF
(police de l’air et des frontières), emmenées au centre de rétention et
reconduites à la frontière. Ce jeudi 14 juin, une femme a été mise au
centre de rétention alors qu’elle était avec son bébé.
Pour les Roumaines non en demande d’asile, qui pourtant elles, en tant
qu’Européennes ne devraient pas poser de problèmes, et pourtant elles
sont quand même très souvent contrôlées.
Depuis que l’on sait que Sarkozy est président, l’association Cabiria est obligée de prendre contact tous les jours avec les commissariats de police de Lyon pour des arrestations de prostituées par des policiers en tenue, par la BAC, par la PAF, mais aussi avec la Mairie de Lyon pour des harcèlements quotidiens de la police municipale.
Depuis 1993, Cabiria développe une action de santé communautaire sur les territoires de la prostitution lyonnaise (prévention MST-VIH, toxicomanie, lutte contre les exclusions). Elle recherche une meilleure compréhension et elle analyse le phénomène de la prostitution, de la situation des personnes prostituées et des rapports sociaux entre hommes et femmes dans l’ensemble de la société.
Quel que soit notre avis sur la prostitution, soutenons les travailleuses du sexe qui actuellement n’ont jamais été autant réprimées, comme le sont les plus précaires et les plus marginaux.

