Militant anarchiste lyonnais, Toussaint BORDAT est né à Chassenard (Allier) le 11 juillet 1854.
Engagé à 16 ans, il participe aux combats de l’armée de la Loire en 1870. Il se fixe ensuite à Lyon et y devient canut (ouvrier tisseur) de la Croix-Rousse. Son engagement politique se situe alors au sein du "Parti ouvrier socialiste" dont il est une figure marquante. Mais, en désaccord avec la ligne guesdiste (marxiste et électoraliste), il crée en 1881, le "Parti d’action révolutionnaire", qui se rallie à l’anarchisme.
Le 18 juin 1882, lors d’une manifestation en souvenir de la sanglante répression des mineurs de la Ricamarie, il est condamné suite aux violences qui s’y déroulent à un mois de prison. [1]
En 1882, il collabore au journal anarchiste lyonnais "Le Droit social" puis à "L’Etendard révolutionnaire" qui lui succède. Partisan de l’action directe, il justifie, par l’écrit et la parole, les actions de la "Bande noire" de Montceau-les-Mines contre les édifices religieux. Le 14 octobre 1882, il est arrêté et inculpé avec d’autres militants de "reconstitution d’une internationale révolutionnaire". Le procès monstre dit des "66" se déroule début 1883, il y est condamnée à 5 ans de prison et à la forte amende de 2000 francs. Il ne sort qu’en janvier 1886, pour reprendre ses activités révolutionnaires qui lui valent à nouveau quelques mois de prison et une interdiction de séjour. Il se fixe alors à Vienne puis à Narbonne où il organise, en 1897, les conférences de Sébastien Faure.

