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Pour la gratuité du logement social

Publié jeudi 15 mars 2007
 
Le droit opposable pour avoir un logement c’est un discours complètement "bidon" si ce n’est pas suivi d’effet réel. Or la seule possibilité pour que cela soit vraiment effectif, c’est que le logement social soit gratuit !

Cet hiver, on nous a fait une grande agitation médiatique et politicienne sur le Droit au Logement Opposable. Il en est sorti une loi inapplicable, obscure, inefficace : un cataplasme sur une jambe de bois, construit à la hâte par les politiciens de droite avec les Tartuffes de Don Quichotte ; on voit l’impasse actuelle d’un prétendu « mouvement spontané » piloté par la droite catho : l’exploitation des pauvres au profit du Ministre Borloo et d’un Chirac de la « fracture sociale » ; une nouvelle ronde des expulsions : plus de 120.000 jugements d’expulsion par an…..

En effet, que vaut un droit opposable devant les tribunaux, sans son effectivité ?

Cette loi a évité le problème crucial et le choix de société : le Droit au Logement est-il un Droit intangible, efficient ? En dehors de proposer un éventuel hébergement, après un véritable parcours du combattant que l’on se demande quel « mal logé » pourra suivre, au bout de la procédure un tribunal pourra-t-il imposer un véritable logement, alors que la pénurie est patente, semblable à celle de l’Après-Guerre ?

Quel Choix de Société cela implique-t-il ? Quel rapport à la sacro-sainte propriété ?
Et enfin, quel financement serait nécessaire pour le mettre en œuvre ?
Est-ce utopique donc irréalisable ?

Calculons :


- 1.200.000 demandeurs de logements sociaux
- 3.000.000 mal logés
- 9.000.000 personnes en difficulté de logement

Par exemple, si on décide de construire 120.000 logements sociaux par an ; ça fait combien d’années pour loger, sans compter nos enfants qui arrivent ?
100.000 euros par maison Borloo (famille de 5 personnes), soit 20.000 euros par personne correctement, confortablement, en un mot dignement logée.

Si je compte
3.000.000 x 20.000 : ça doit faire 60 milliards d’euros, ou est-ce que j’ai fait une erreur ?

On nous vole impunément la richesse que nous produisons au profit des rentiers !

La part des salaires et cotisations sociales dans le PIB est passée de 72% en 1982 à 62% en 2002.
Donc, si je raisonne simplement, comme je fais mes comptes, ce sont donc 165 milliards d’euros qui sont volés sur la richesse créée par les salariés qui s’en vont chez les rentiers (ceux qui s’enrichissent en dormant) chaque année.
Sauf erreur, les intérêts de la "dette", versés encore une fois aux rentiers s’élèvent à 40 milliards d’euros par an
Donc , comme je sais faire une addition :
165 milliards + 40 milliards = 205 milliards d’euros par an versés aux rentiers
Reprenons donc :
205 milliards, si j’en retire 60 milliards : j’ai logé 3.000.000 de mal logés, il reste encore 145 milliards d’euros pour les rentiers qu’ils nous volent encore.

Conclusion : j’ai fait une erreur ; certainement parce que les rentiers valent beaucoup plus que 3.000.000 de mal logés ?

La question de la gratuité du logement met beaucoup de militants mal à l’aise ; elle vaut pourtant d’être posée en quelques chiffres.

Un soutien, ça ne doit jamais être aveugle : il faut se battre, ensemble. Des associations le font modestement, telles les Ateliers Populaires d’Urbanisme de la métropole Lilloise, la CNL, INDECOSA, des syndicats tels la CGT, SUD, la CNT...

Je le souligne à nouveau : il faut poser le problème du logement gratuit, même s’il pose "question" à beaucoup de militants. Arrêter ces "aides à la personne", véritable contrôle social, spirale vers l’expulsion que quelques trop rares maires tentent d’arrêter (tels ceux de Stains, de Seclin qui prennent des arrêtés interdisant les expulsions, les coupures d’eau et d’énergie).

Une autre ambiguïté à lever : on ne dit rien sur l’accession "sociale", qui n’a de social que le nom. L’argent public doit rester impérativement dans le public, ne pas servir à constituer un "patrimoine" (le 1% logement pourrait à l’extrême limite servir à ça en partie). Là encore, on se heurte à un tabou.

Patrice Bardet


Pour introduire le débat de fond sur la gratuité, aller lire également le propos de Jean-Louis Sagot-Duvauroux sur le site de l’université tangente


Pour la gratuité du logement social !


Forum

  • Pour la gratuité du logement social
    Le 31 mai 2007 vers 00 h

    Pour la gratuité du logement social !

    Tu leur en a parlé aux "logés sociaux" avant ? Tu veux qu’il soient stigmatisés encore plus et effacer jusqu’a leur dignité ? (je sais de quoi je parle). Seigneur( !), arrettez de croire que la subvention est progressiste. C’est la dessus que Sarko à gagné, le courage physique... Autrefois de gauche hélas, avec le courage intellectuel aussi. Orwell revient nous (pis ramène Revel aussi)

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