Pour la CNT, la formation ne se résume pas à une formation professionnelle qui prépare les travailleurEs aux objectifs de l’entreprise et à l’idéologie dominante. Pour le patronat cette formation n’a pour unique but qu’un meilleur ajustement des qualifications au marché de l’emploi et à la croissance, elle lui permet une mainmise sur l’organisation du travail et de notre vie sociale. NON, la CNT n’entend pas laisser l’initiative et le contrôle de la formation aux seuls employeurEs, la formation n’est pas un simple investissement, elle est avant tout un formidable levier d’émancipation de la classe des salariéEs. Car trop souvent l’Éducation nationale n’a joué qu’un rôle de formatage afin de faire de nous des travailleurEs dociles et prêts à l’emploi. La CNT se battra toujours pour que la formation professionnelle soit une véritable deuxième chance, une valorisation, une reconnaissance et une protection pour le/la travailleurE.
Mais bien au-delà du cadre strictement professionnel, pour la CNT le fait syndical et le fait éducatif sont intimement liés. Ainsi le fait d’adhérer et militer à la CNT est déjà un acte formateur, de part son fonctionnement qui permet une véritable autogestion, par l’absence de permanentE, de « professionnelLE » du syndicalisme, par le roulement des tâches, par la solidarité qui y règne, le/la salariéE est lui-même acteurE d’un syndicalisme émancipateur.
La CNT est l’héritière directe du syndicalisme de combat, celui de l’origine du syndicalisme, celui des Bourses du travail, celui de F. Pelloutier pour qui le droit à la formation était un acte révolutionnaire et préparait les transformations profondes de la société.
Car l’anarchosyndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire dont est porteur la CNT dépassent le cadre purement revendicatif pour préparer par ses combats et sa réflexion le monde de demain, un monde plus juste et plus libre qui sera l’oeuvre des travailleurEs eux-mêmes. Ainsi par l’autogestion du syndicat, des luttes, et au-delà l’autogestion des entreprises et de la société, le/la travailleurE se réapproprie sa propre capacité de compréhension et de réorganisation du monde.
Ainsi l’éducation et le syndicalisme s’interpénètrent en permanence à la CNT, l’un et l’autre repose sur une autonomie individuelle et collective, car il ne peut pas y avoir d’émancipation dans un cadre de soumission type enseignantE/ élèves, dans une perspective corporatiste et utilitariste. Les syndicats CNT par le biais de leurs Unions locales, dans l’esprit de faire renaître la pratique des Bourses du travail, mettent en place des bibliothèques gratuites et autogérées, des sessions de formations et de réflexions, des débats, des rencontres, des projections...
La seule vraie connaissance se doit d’être libératrice en donnant une conscience et une culture de classe aux travailleurEs, afin que l’esprit d’exploitation et de profits soient bannis à tout jamais de cette société, pour qu ’une société sans classes, libertaire et autogérée se fasse jour.

