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Le Sytral recalé par les associations

Publié dimanche 5 février 2006
 

Interpellé sur cette mesure à l’occasion de l’assemblée générale des "Droits du piéton", ce samedi 4 février, M. Benarbia, élu villeurbannais et membre du conseil d’administration du Sytral, a cherché à éclaircir et à justifier l’entrée en vigueur le 1° juillet prochain de la "montée à l’avant" des passager’es dans les véhicules de transport en commun sur l’agglomération lyonnaise. Las, l’assistance ne s’est pas laissée duper et a vertement répliqué.

M. Benarbia a d’abord rappelé que cette mesure avait été décidée en 2001, mais n’avait pas alors soulevé de réprobation particulière (!). Pour peu, il en oubliait qu’aucune concertation n’avait été alors conduite avec les associations d’usagers, pas plus qu’avec les modestes contribuables qui financent en partie le réseau de transport.

Ensuite de quoi les poncifs ont été servis, expliquant que "l’amélioration de la sécurité sur le réseau" était en jeu, mais également "la lutte contre la fraude" qui représente un manque à gagner financier important mais aussi "une rupture d’égalité" entre usagers (comprendre : cell’eux qui payent et les autres qui n’adoptent pas "un comportement civil"). Légèrement insistant, il évoque en écho la mise sous contrôle d’accès aux stations de métro.

Il a eu beau concéder qu’il s’agit d’un "retour en arrîère pour le réseau lyonnais qui était très ouvert depuis 1978" (date avant laquelle la montée dans les autobus s’effectuait effectivement par l’arrière en présence d’un receveur), la réaction du public a été sans appel. Le représentant du Sytral a dû alors se trouver fort mal avisé de s’exposer aussi inconsidérément (seul contre tous, quand même…) devant autant de représentants d’usager’es [1]. D’autant que tout un gratin d’élus présents dans l’assistance ne moufte pas … !

Le président du FERSER a ensuite emporté une large adhésion de l’auditoire en cognant assez fort, qualifiant la décision du Sytral de "stupidité sans nom" ou encore de "bêtise monstrueuse". Il a notamment démontré combien les bénéfices micro-territoriaux, à l’entrée des autobus et seulement pour les conducteurs, sont sans commune mesure avec le stress causé. Du côte des passagers, c’est l’angoisse d’être mis en retard par ce temps perdu à l’embarquement (3 à 6 minutes supplémentaires par trajet précise M. Benarbia). Quant aux automobilistes, ils ne manqueront pas de s’excéder (bloqués derrière le bus qu’il leur est depuis peu interdit de doubler à l’arrêt) avant de commettre les comportements dangereux qu’on leur connaît pour se dégager. En conclusion, il juge que "le point de vue (du Sytral) est réducteur et rend compte d’une analyse très sommaire".

Un représentant de la Fnaut en a remis une couche en dénonçant la pression qui va s’abattre sur les personnes les plus vulnérables, à mobilité réduite notamment, qui vont se retrouver concassées dans l’entrée unique. "Des dérogations existeront" affirme alors M. Benarbia (on se demande bien comment il imagine possible de ne faire entrer qu’une personne par le milieu… en comptant sur la vigilance "citoyenne" des autres passager’es peut-être ?).

Finalement, personne n’enfoncera définitivement le clou en mettant par exemple en balance les 10 millions d’euros de perte imputés à la fraude avec les 45 millions d’euros investis pour la carte Técély, pour le renouvellement du parc de composteurs et de distributeurs de ticket, les 45 millions d’euros dépensés pour la " mise sous contrôle d’accès " du métro, les 4,5 millions d’euros annuels de salaire des contrôleurs, le coût de gestion administrative et de frais de justice, etc. soit pas loin de 100 millions d’euros dépensés pour le contrôle des usagers [2]. Sans compter les menues modifications que devront subir les véhicules pour la nouvelle formule de "montée à l’avant"…

[1] Etaient notamment représentés outre les Droits du piéton qui accueillaient : la FNAUT (Fédération nationale des usagers des transports), le FERSER (Forum des entrepreneurs du Rhône pour la sécurité routière), Déplacements citoyens, Lyon Vélo, DARLY (Se déplacer autrement dans la région lyonnaise), la FNATH (association des accidentés de la vie), etc.

[2] Chiffres en partie puisés dans un tract de 2003 du collectif T.C.L. (Transports en Commun Libérés) et sur le site alpes controles.


Forum

  • Le Sytral recalé par les associations
    Le 8 février 2006 vers 17 h, par KO-tic-tac

    Notons que d’ici peu la carte Técély va se transformer en carte multimodale (couplé à un possible abonnement TER), il parait qu’il faudra changer tous les systèmes de contrôle (voir Lyon Capitale d’il y a 15 jours). Le Sytral, dans sa démesure habituelle, avait déjà fait le coup en 2002 avec ses nouveaux composteurs (Técély) qui ont du être remplacés avec l’arrivée des nouveaux portillons dans le métro, quel gaspillage !.

    Il est important de souligner que les conducteurs ont toujours refusé la montée par l’avant, faisant grève à plusieurs reprises ces dernières années. A Grenoble, la montée par l’avant a été imposée lors d’un mois d’août… quand une grande partie des conducteurs de la TAG sont remplacés par des conducteurs « saisonniers » des compagnies de bus de la région… A Lyon, ça devrait être opérationnel en juillet 2006.

    « Quand les pauvres encadrent les autres… » pourrait se renommer un article du Progrès de Lyon, y est indiqué que d’ici quelques mois les transports en commun de Lyon vont embaucher 300 personnes : « Les personnes recrutées seront affectées à des tâches d’accompagnement à la montée porte avant des bus, l’accueil à bord de ceux-ci, la présence à proximité des portillons du métro ou encore la surveillance des parcs relais… ». Il n’y a pas de précisions sur le type de contrat, il est fort à parier que ce seront des contrats d’avenir (2 ans maxi), voir des RMA… C’est ainsi que l’on rend opérationnel un vieux concept des constructeurs de la Grande Europe : « l’activation des dépenses passives ». Flute alors !

    Le Conseil Général du Rhône y placera, sans doute, nombre de RMIstes via sa structure d’insertion qui fournissait déjà des CES/CEC (appelés tendrement les AMIS). Ces emplois (en dehors du RMA) sont uniquement autorisés pour des structures type collectivités locales/associations, ils sont détournés au profit d’une société privée : la SLTC, filiale de Kéolis, société de finances qui place son blé dans les réseaux de déplacements (concession avec délégation de « services publics ») avec une garantie de recettes accordée par le Sytral en l’occurence. Les pertes, nous les finançons, tout comme les infrastructures. « La SLTC exploite » nous avait rétorqué un administrateur du Sytral récemment… tout est dit.

    KO-tic-tac, précaire attitude

    • Le Sytral recalé par les associations
      Le 19 juillet 2006 vers 13 h, par  chello.fr">Jacques ROUSSEL

      Cet article est remarquablement juste ; Que faire pour protester auprès du Sytral ?

    • Le Sytral recalé par les associations
      Le 1er septembre 2007 vers 22 h, par  hotmail.fr">Laura

      Bonjour, je viens d’aller me faire faire une carte técély et la recharger pour le mois de septembre à Perrache à Lyon mais je viens de m’apercevoir qu’il n’y a pas la puce ( le petit carré jaune ) dessus. Pourriez-vous m’expliquer ?

      • Le Sytral recalé par les associations
        Le 17 septembre 2007 vers 21 h, par Pollux

        coucou, oui c’est normal, c’est la nouvelle version des cartes técély. ciao

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