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Boum de soutien à Outrage et Rebellyon

Publié mercredi 25 mars 2009
 

Samedi 28 mars, venez au GGRB, danser, soutenir, boire et tout ce qui va avec pour les 1 ans du journal Outrage, la sortie du numéro 5 et les 50 mois de Rebellyon.info.

C’est au GGRB, 130 avenue Berthelot, à partir de 20h.

L’édito d’Outrage n°5 pour vous allécher…

FÉVRIER 2009. DES agents TCL tentent de contrôler le bus de nuit qui monte aux Minguettes. Un bon moyen de faire du chiffre. Mais à peine montés, les contrôleurs se heurtent à une opposition : « Reculez ! C’est la crise, pas de contrôle ! ». Rapidement, les gens les envoient bouler. Assez joyeusement d’ailleurs. Face aux sourires communicatifs et à une détermination de plus en plus palpable, physiquement, les agents TCL renoncent. Voilà pour l’anecdote, l’histoire d’une petite victoire, ou d’un petit miracle. Un événement en tout cas, pour lequel le motif de la crise a fonctionné comme une sorte de détonateur.

Au nom de la crise des patrons licencient et délocalisent à tours de bras. Mais le mot sonne aussi comme un point de ralliement pour les perdantes de la guerre économique, comme une occasion de révolte à saisir. En ce sens, les luttes menées actuellement aux Antilles et à la Réunion constituent pour nous une promesse. Ce mouvement, qui a démarré pour des histoires de coût de la vie, parce que c’est la crise, finit par mettre en cause le genre de vie qu’on nous fait. Contrôle, exploitation, racisme institué… Et, comme la question est décidément sérieuse, les révolté-es de Guadeloupe, de Martinique et de la Réunion se sont donné-es des moyens à la hauteur de la situation : blocage économique massif, avec piquets volants et des barrages devenus peu à peu des lieux de vie. Émeutes et affrontements parfois armés contre les flics et les gendarmes débarqués par milliers de la Métropole. Formes de grèves « marchantes », qui créent des situations politiques sous formes de discussions et de décisions collectives dans chaque boîte visitée. Et tout le monde parle, même le patron…

Bloquer les flux et assumer cette stratégie : un porte parole du LKP déclarait que cette politique du blocage était viable parce que la Guadeloupe est auto suffisante, d’un point de vue alimentaire. A l’horizon ce qui s’affirme c’est l’autonomie possible d’une commune, à l’échelle de l’île. La grève générale a vidé partiellement les supermarchés, mais elle n’a pas occasionné de pénurie complète. Au contraire : ça a amené de nombreuses personnes à entrer directement en contact avec des paysans qui pouvaient alors esquiver les ponctions garantissant les marges de la grande distribution.

Voilà ce qui a commencé à faire plier le gouvernement et une partie des patrons. Le mouvement ne s’est pas conformé aux codes et aux grammaires impuissantes des kermesses syndicales habituelles (mobilisation, journées d’actions, ultimatums de papier). Si les révolté-es ont commencé à gagner aux Antilles, c’est parce qu’ils ont su inventer leur puissance propre. Choisir leurs moyens de lutte et vivre réellement à travers eux. Dans ces temps tumultueux on ne mange plus de la même manière, on ne se parle plus de la même manière, on se lie autrement. Un monde se constitue hors des rythmes forcés du travail, ou de l’oisiveté résignée des galériens. Un monde qu’on sait défendre s’il le faut, face aux fl ics. L’ordre normal de la domination se décompose ainsi ça et là, et recule chaque fois que de la politique devient réelle.

- A lire sur rebellyon : Outrage
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Forum

  • Boum de soutien à Outrage et Rebellyon
    Le 30 mars 2009 vers 09 h

    Soirée sympa. J’espère qu’il y en aura d’autres. De la part d’un vieux parfois un peu dans la lune. PS : speciale dédicace à Anna et Bob

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